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La Règle de vie

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Chapitre IX

Assemblées

1. Vous vous réunirez, un ou plusieurs [délégués] [49] pour le motif suivant:

Premièrement, à tous les six ans, afin de choisir, ou de réélire un Supérieur de la Congrégation entière, ses assistants ainsi que les Supérieurs Diocésains (Provinciaux). Ceux qui détiennent une voix active ou passive – trois personnes par diocèse (ou province) – se réuniront dans une maison, ayant été convoqués par une lettre du Supérieur [Général] dont le terme prend fin. Une fois sur place, après un jour d’abstinence et après avoir chanté la Messe au Saint-Esprit, ils se cloîtreront jusqu’à ce qu’ils aient choisi, par scrutin secret, une personne reconnue pour son intégrité, sa prudence, sa discipline religieuse et son éminente érudition. Le secrétaire et le discretus [50] apposeront leur signature au certificat de celui qui a été élu par la majorité des électeurs. Tous baiseront la main de l’élu en témoignage de respect et d’obéissance. Après l’élection, ils se rendront à l’église pour entonner le Te Deum laudamus. Si quelqu’un [au cours du processus électoral] s’est fait remarquer pour son ambition, qu’il soit à jamais déclaré indigne de remplir toute fonction officielle. On procédera ensuite, également par scrutin secret, à l’élection des assistants, du procureur général et des provinciaux. Si un décret est proclamé lors de cette assemblée, il sera consigné aux Actes Généraux.

2. Les Assemblées Diocésaines auront lieu à tous les trois ans afin d’affermir le bien ou d’extirper le mal; ainsi que [pour l’élection de] ceux qui seront délégués au Chapitre Général selon ce qui a été noté ci-dessus. Se rendront à ces assemblées les vicaires [51] locaux de chaque maison ainsi que les délégués choisis par scrutin secret.

3. Le supérieur local réunira les membres deux fois par semaine. Les vendredis, ils s’assembleront afin que soient attribuées les pénitences qui serviront à expier leurs fautes. Agenouillé, chacun déclarera ses fautes clairement, ouvertement et pieusement, sans chercher à se justifier. Il acceptera humblement la pénitence qui lui sera imposée. Si quelqu’un est injustement accusé [par un tiers], il se gardera de répliquer; par la suite, en entrevue avec le Supérieur, il pourra témoigner de son innocence (à moins qu’il ne choisisse de souffrir en toute innocence comme le Christ). Un menteur sera puni, sans être pardonné, de la pénalité qui aurait été imposée à celui qu’il accusait à tort [52]. La haine, l’envie et le zèle excessif devraient être exclus de ce Tribunal d’Amour. De fait, il est louable, en révélant les fautes d’autrui, de suivre la règle de l’Évangile – à moins qu’un délai ne constitue une imprudence: reprends-le en privé; [ensuite] admoneste-le en présence d’un compagnon; [et ensuite] s’il ne s’amende pas, dis-le finalement à l’Église (Cf. Mt 18,15ff; Ga 6,1). Toutefois, en ce qui concerne les fautes de personnes de l’extérieur, considérez que cela ne vous regarde en rien – à tel point que, à moins que vous ne sembliez inspirés de zèle justifié – vous devriez penser qu’il ne fait pas partie de votre travail d’émettre une opinion quant aux fautes d’autrui.

4. Le supérieur local réunira les membres, pour la seconde fois, les dimanches, après la méditation du soir (ou à un autre moment convenable) pour une conférence spirituelle en latin (ou dans la langue du pays) en utilisant des mots simples, clairs et éloquents qui sauront inspirer une passion ardente pour la pratique des vertus, l’élimination des sentiments troublés et la quête de la sainteté. Ou vous pourrez lire un bon livre traitant de ces sujets – en l’occurrence, un livre qui exhortera paisiblement mais efficacement à l’amour de Dieu, à marcher sur les traces du Christ, à observer la discipline religieuse et à persévérer dans la sainte pénitence. Après la conférence, on assignera une mortification, une prière ou un acte vertueux que tous exerceront au cours de la semaine qui suivra. Si l’occasion s’y prête ou que la nécessité se fait sentir, le supérieur et les [membres] doyens pourront aborder, au cours de cette même assemblée, des sujets reliés au bien-être de la communauté.

5. En dernier lieu, tous s’assembleront – au son de la cloche – pour assister l’âme d’un membre quittant cette vie terrestre. Ils le recommanderont à la bonté et à la pitié de Dieu, à l’aide d’exhortations pieuses, de prières et d’humbles larmes, tâchant de toutes leurs forces fraternelles de faire en sorte qu’en cette agonie nul n’ait à craindre pour son propre salut. Certes, dans un esprit de charité, le supérieur s’assurera que les malades reçoivent, au moment opportun, non seulement les remèdes nécessaires à leur corps mais veilleront particulièrement à ce qu’ils reçoivent les remèdes nécessaires à la vie éternelle. Il s’agit: de confesser sérieusement ses péchés et de les mépriser, de déclarer publiquement [sa] foi, de s’insurger contre les complots du Diable, de remettre son âme entre les mains de Dieu et de son confesseur, de recevoir avec dévotion la sainte Eucharistie et les Derniers Rites [53], d’invoquer l’aide du ciel et de conserver un espoir et une confiance absolus dans les mérites du Sauveur.

6. On récitera avec dévotion les prières rituelles de l’Église au chevet du mourant [54]. Son âme devrait être fervemment confiée à Dieu. Le corps du défunt devrait être lavé comme il convient et pieusement mis en terre dans les trois jours qui suivent. L’annonce du décès devrait être faite dès que possible dans toutes les autres maisons afin que le défunt [membre] puisse être assisté de tous – à l’aide du sacrifice de messes, de prières et mortifications. Tous ensemble, vous pouvez bénir le Dieu miséricordieux du ciel lequel, bien qu’indignes, vous servez ici-bas [55].


[49] "Singuli, vel aliqui". C’est une phrase difficile à traduire mais il semblerait que ce soit le sens à lui attribuer.

[50] Il s’agit probablement de celui qui dépouille le scrutin.

[51] Les supérieurs locaux étaient considérés les vicaires du Général (ou plus tard, du Supérieur Provincial).

[52] Littéralement, "sera puni selon la loi du talion", c’est-à-dire, l’"oeil pour oeil" de l’Ancien Testament. Cf. Dt. 19:21.

[53] Littéralement, l’"Extrême-Onction".

[54] Littéralement, "[celui qui] agonise".

[55] D’autres éditions prennent fin avec l’inscription "Seuls l’honneur et la gloire de Dieu".

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